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La grève des éboueurs s’est durcie à Marseille ce week-end. Aujourd’hui, nouveau rebondissement dans cette affaire : les grévistes ont décidé de bloquer les centres de transferts des déchets. Le dialogue avec MPM est rompu.

Marseille Provence Métropole Vs Force Ouvrière. Le combat entre la collectivité et le syndicat représentant des éboueurs a pris un nouveau tournant ce week-end. « Samedi 24 janvier, des agents grévistes ont pris la décision de bloquer l’accès aux centres de transferts Nord et Sud, [chargés de récupérer les ordures de l’ensemble de Marseille, ndlr], en déversant des tonnes de déchets sur la chaussée et en empêchant les opérations de déblaiement », a communiqué la présidence de la communauté urbaine. Pour Patrice Ayache, secrétaire général adjoint des territoriaux FO, « on est aux alentours des 100% de grévistes à la collecte de nuit et entre 50 et 80% le jour ». Même si les estimations de MPM sont légèrement inférieures (Entre 80 et 90% la nuit et 70% le jour), le fait est que les riverains sont déjà incommodés par les déchets qui s’accumulent, l’odeur charriée par le mistral et l’arrivée des rats.

 

Des négociations au point mort

Si Guy Teissier, président de Marseille Provence Métropole, condamne le blocage des centres de transferts, il en appelle aussi à la responsabilité des syndicats et des agents pour que le dialogue reprenne. « Les discussions avec les partenaires sociaux sur les différents points mentionnés dans le préavis pourront reprendre lorsque les centres de transferts auront été libérés de toute entrave à leur fonctionnement ». Pour les éboueurs, les revendications restent les mêmes : le recrutement de 10 agents dans les arrondissements 9, 10, 11 et 12, l’annulation des 300 rappels à l’ordre reçus par les agents de collecte ces dernières semaines et enfin, la levée des GPS placés sur les camions. « C’est du flicage, il y a déjà eu des jurisprudences dans le domaine. Nous réfléchissons à une action en justice », s’indigne Patrice Ayache. A ces accusations, Guy Teissier renvoi la balle et explique pendant sa conférence de presse  que « l’usage du GPS répond à un besoin pour sécuriser les agents, pour pouvoir les localiser en cas de panne ou d’agression ».

Selon le dernier communiqué des grévistes, ils auraient décidé lors de leur assemblée générale, de lever les blocages  des centres à condition que le président de MPM donne une date de reprise des négociations et que des représentants « de la base, syndiqués ou pas », accompagnent le secrétaire général de FO, Patrick Rué, à ces discussions. Preuve qu’ils sont prêts à faire le « premier pas ».

Reportage sur la grève des éboueurs à Marseille

Des alternatives pour éviter l’accumulation

 700 tonnes de déchets sont ramassées chaque jour à Marseille. Un chiffre qui fait froid dans le dos quand on sait que la grève risque de durer au moins une semaine. Alors, pour éviter une accumulation excessive, la mairie a pris une mesure d’urgence : l’installation de 40 bennes dans les rues de MPM. La collectivité appelle aussi aux habitants de limiter et garder  leurs déchets volumineux et non périssables chez eux. Certains arrondissements ne sont pas touchés, comme une partie du 2eme, les 3, 14, 15 et 16eme, car le ramassage des déchets est gérés par des entreprises privées comme Véolia, Nicollin, Bronzo ou Derichebourg. 

Une grève qui intervient moins d’un an après la fin de « fini-parti »

Rappelons qu’en 2014, MPM adoptait un nouveau contrat de propreté, mettant ainsi fin au système du « fini-parti ». Système qui permettait aux agents de terminer leur service une fois le travail plus ou moins accompli. Un rapport de la chambre régionale des comptes avait quantifié à 3 heures trente le temps de travail effectif, alors que les agents étaient payés pour 7 heures trente. Aujourd’hui, le nouveau système prévoit une journée type de 7 heures trente, avec 5 heures trente de collecte minimum.

 CLAIRE TERVE

 

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